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© Edouard Glissant - Une pensée archipélique. Site officiel

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ÉDOUARD

GLISSANT


  

Une pensée

archipélique

TOURBILLON                                            

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Ce qui caractérise peut-être le plus sûrement la pensée d’un poète est l’inscription de ses plus profondes intuitions dans prisme et l’intimité littérale de figures, d’images signifiantes et qui, par leur force même, parviennent à transcender toute la sécheresse du simple concept, là où précisément s’arrête l’activité spéculative pure. Dans les plus récents écrits de Glissant, revient souvent la figure du tourbillon, déclinée à l’envi dans toutes sa multiplicité. Figure de sa pensée, où se retrouve le motif d’un enroulement vertigineux provenant de la fréquentation du tout-monde qui conteste la linéarité, tout comme cette science consommée des textes qui s’organiserait comme un ruban de Mœbius – comme en livre en tout cas la trace ce passage de La Cohée du Lamentin :




  

Glissant évoque son goût du tourbillon, au micro de François Noudelmann (Les Vendredis de la philosophie, France Culture, 2003).

Paysage


Je ne sais pas à quel âge, dans mon très jeune temps, j’ai rêvé d’avoir développé un texte qui s’enroulerait innocemment mais dans une drue manière de triomphe sur lui-même, jusqu’à engendrer au fur et à mesure ses propres sens. La répétition en était le fil, avec cette imperceptible déviance qui fait avancer. Dans ce que j’écris, toujours j’ai poursuivi ce texte. Je m’ennuie encore de ne pas retrouver l’enhalement tant tourbillonnant qu’il créait, qui semblait fouiller dans une brousse et dévaler des volcans. Mais j’en rapporte comme une ombre parfois, qui relie entre elles les quelques roches de mots que j’entasse au large d’un tel paysage, oui, une brousse, sommée d’un volcan.




  

ÉDOUARD GLISSANT

Une pensée archipélique

L'une des nombreuses représentations du tourbillon par Glissant. Ici,

sur le manuscrit de Malemort.